La Flèche et la Forêt Notre-Dame : 15 avril, des flammes de 2019 aux plans de ce qui s'élèvera en 2029 : l’invisible prend forme.
- Restaurons Notre-Dame

- il y a 13 heures
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Il y a sept ans, presque heure pour heure, Notre-Dame de Paris était en flammes. Mais ce 15 avril 2019 ne se résume pas à l’incendie. Il est aussi devenu le symbole d’une mobilisation exceptionnelle. Celle de milliers d’artisans, d’ingénieurs, d’architectes, de compagnons, d’entreprises, d’institutions et de passionnés qui, ensemble, ont relevé un défi que beaucoup pensaient impossible : Reconstruire Notre-Dame, à l’identique et en particulier, sa charpente et flèche iconique, en chêne.
Avec une exigence, une rigueur et un engagement qui forcent le respect. Ce chantier restera, sans doute pour longtemps, l’un des plus grands chantiers patrimoniaux de notre époque.
Et c’est précisément dans le prolongement de cette aventure humaine, technique et culturelle hors norme que s’inscrit aujourd’hui La Flèche & la Forêt Notre-Dame.
Non pas comme une reproduction.Mais comme une continuité. Une manière de transmettre, de rendre visible, de partager ce que ce chantier exceptionnel a révélé : des savoir-faire, des métiers, une intelligence collective, une relation intime entre la forêt et l’architecture.
Ce 15 avril 2026, nous franchissons une nouvelle étape. Celle où la mémoire laisse place à la construction. Celle où la vision commence à se dessiner. Pendant longtemps, ce projet n’existait que dans les esprits. Aujourd’hui, il prend forme sous vos yeux. Et ce n’est pas un hasard si ces premières esquisses sont révélées aujourd’hui.
15 Avril 2029 : l'ouverture au public, 10 ans après l'incendie ...
Car une date guide ce projet depuis le début : le 15 avril 2029, dix ans jour pour jour après l’incendie de Notre-Dame, c’est à cette date que nous souhaitons ouvrir le site au public. Peut-être pour en découvrir l’ouvrage achevé. Peut-être pour en comprendre le chantier en train de s’élever. Mais dans tous les cas, pour en partager l’essentiel : la vision.
Entre ces deux moments, l’émotion et la transmission, il y a un chemin. Et ce chemin commence ici.
Patrice WARNANT, architecte de l'opération : "Ce projet n’est pas une reproduction. C’est une immersion".
Les premières esquisses de La Flèche & la Forêt Notre-Dame pour la tranche 1 du projet (flèche, transepts et départs de la nef et du choeur) sont désormais établies. Elles marquent un cap : celui du passage d’une intuition à une organisation concrète, lisible, construite.
Sous l’impulsion de l’architecte Patrice Warnant, le projet ne s’est pas simplement dessiné. Il a été pensé comme un parcours.
« Nous n’avons pas dessiné un bâtiment. Nous avons conçu un parcours. Un cheminement progressif, où chaque étape prépare la suivante. L’architecture ne s’impose pas d’un bloc : elle se révèle, elle accompagne le regard et guide le corps.Ici, tout part d’une intention simple : rendre accessible ce qui, d’ordinaire, ne l’est jamais. Faire entrer le public au cœur de la matière, au cœur de la structure, au cœur du geste.Ce projet n’est pas une reproduction. C’est une immersion. »— Patrice Warnant.

Coupe architecturale (à l'état d'esquisse) — La flèche dans son intégralité.
avec son enveloppe de verre ceinturant les deux étages ajourés
L'aiguille en chêne sera revêtue de plomb et d'aspect identique à Notre-Dame
Une verrière recouvrira également les charpentes dans leur intégralité.
Ce que l’on ne voit jamais… devient ainsi visible.
Les esquisses du projet dévoilées le 15 avril 2026
Dès l’arrivée sur le site du Mont-Givre, cette vision prend forme. Les accès sont structurés depuis la Nationale 7, connectée à l’autoroute A77, avec la création de deux giratoires assurant une desserte fluide et sécurisée.
À proximité immédiate, un parking paysager sera couvert d’ombrières photovoltaïques en bois lamellé-collé, affirmant l’alliance entre innovation énergétique et matériau vivant. Puis vient le seuil...
L’architecte a fait le choix d’un bâtiment d’accueil en lisière du site, comme un espace de transition. Sa structure bois, inspirée de la forêt, porte une toiture en forme de coquille Saint-Jacques - symbole du chemin de Compostelle - et abrite les fonctions essentielles : billetterie, boutique, accueil.
Avant même d’entrer dans le cœur du projet, le visiteur est invité à parcourir près de 200 mètres dans une déambulation arborée. Rien n’est frontal, tout est préparé.

Le Bâtiment d'accueil - Charpente en nid d'abeille rappelant une canopée ...
Une infrastructure bas carbone à base d'argile non calcinée
Dès les premiers pas, la charpente médiévale se révèle sur une quinzaine de mètres, monumentale et vivante. Une véritable forêt de chêne. Mais cette structure - cette “forêt”- ne repose pas seule. Elle s’appuie sur une infrastructure maçonnée entièrement repensée, conçue pour répondre aux exigences les plus élevées de notre époque. L’ensemble du socle de l’ouvrage est réalisé en béton bas carbone, intégrant des solutions à base d’argile non calcinée. Ce choix permet de réduire significativement l’empreinte environnementale du chantier - jusqu’à -50 % d’émissions de CO₂ par rapport à un ciment traditionnel - tout en conservant des performances structurelles équivalentes et une durabilité de l’ordre de plus d'un siècle ...
Mais au-delà de sa performance environnementale, ce béton devient une matière architecturale à part entière. Grâce à un travail de béton matricé, les parements extérieurs développent une texture subtile, captant la lumière et retrouvant des nuances proches de la pierre de Notre-Dame de Paris. Trois matières dialoguent alors avec évidence : le chêne, mémoire vivante du geste médiéval ; le verre, révélateur de la structure et de la lumière ; et le béton, socle contemporain, discret mais essentiel. Car au-dessus de cette infrastructure, un choix architectural fondamental s’impose.
Une verrière intégrale enveloppant la charpente : un choix radical, un choix assumé
La nef, les transepts, mais aussi l’enveloppe des étages ajourés de la flèche seront protégés par une verrière intégrale. Un choix radical. Un choix assumé. Le verre vient révéler le chêne. Il laisse pénétrer la lumière naturelle au cœur de la structure, faisant vibrer chaque assemblage, chaque pièce, chaque détail. Et la nuit, la charpente devient un signal, une silhouette lumineuse visible de loin, offrant un spectacle presque irréel.
Ce dialogue entre bois et lumière est aussi une démonstration technique. Le vitrage étudié garantit une transmission lumineuse élevée, un facteur solaire maîtrisé, un rendu des couleurs exceptionnel, ainsi qu’une performance thermique, acoustique et sécuritaire de haut niveau. Ici, le verre n’est pas un habillage, il est un révélateur.
Les chefs-d’œuvre compagnonniques trouvent alors naturellement leur place dans cet écrin. Quelques pas encore, et le visiteur atteint la croisée des transepts.
Un point central, d’équilibre et de révélation, où tout converge. Là où, dans la cathédrale de Paris, le regard est empêché, ici il est libéré. Le visiteur découvre alors le tabouret de la flèche, ses quatre appuis, ses lignes de force, sa géométrie.
C’est sur cette structure que reposent près de 750 tonnes : environ 500 tonnes de charpente en chêne et 250 tonnes de couverture. Une masse considérable, et pourtant une structure suspendue, équilibrée dans un jeu de forces d’une précision remarquable.
Au-dessus du tabouret, la souche apparaît, puis les deux étages ajourés — véritables œuvres d’art de menuiserie fine dont les huit faces participent au contreventement de l’ensemble — désormais visibles sous tous les angles grâce à leur enveloppe vitrée.
Puis vient l’aiguille, le sommet, une élévation fine, élancée, immédiatement reconnaissable, culminant à 70 mètres au-dessus du sol du Mont-Givre et surtout à près de 200 mètres au-dessus du niveau de la Loire et des deux villes voisines : Nevers et Pougues-les-Eaux.
L’aiguille, également en chêne, est recouverte d’une fine couche de plomb, accueillant les ornements dessinés par Viollet-le-Duc — chimères, gargouilles, crochets — qui lui donnent sa grâce unique.
Et tout en haut… le coq.
L'auditorium de 240 places et l'espace d'immersion 360° : les clés de voutes du spectable numérique
À partir de ce point central, le parcours se déploie : un auditorium de 240 places et une salle immersive à 360° à la pointe de l’innovation présentant de nombreux films, documentaires et reportages racontant l’histoire de Notre-Dame, l’incendie de 2019, le fantastique chantier de reconstruction et la mise en valeur de tous les métiers qui ont contribué à cette résurrection de la cathédrale.


L'auditorium et la salle d'immersion 360° prévues dans la 1ère tranche du projet
L'expérience visiteurs se poursuivra par une ascension dans la structure en chêne avec un parcours de près de 80 mètres sur des passerelles en surplomb du rez-de-chaussée déployées au cœur des charpentes et de la souche de la flèche.
Enfin une passerelle extérieure à 24 mètres offrant un panorama exceptionnel sur Nevers, Bourges, la Loire, le plus grand fleuve sauvage d’Europe et l’extraordinaire forêt domaniale des Bertranges, qui a fourni de nombreux chênes pour la reconstruction de la flèche de Notre-Dame de Paris et l’intégralité des chênes pour sa réplique du Mont-Givre.

Passerelle d'accès à l'étage ajouré de la Flèche

Le Mont-Givre - Pougues-Les-Eaux
Ce que ces plans révèlent aujourd’hui, ce n’est pas seulement une architecture. C’est une synthèse. Une alliance entre héritage et innovation, entre matière et lumière, entre mémoire et futur.
A PROPOS DE PATRICE WARNANT
15, Rue du Fer - 58000 NEVERS
L’atelier d’architecture et d’urbanisme ABWw, créée en 1995 à Nevers, avec un bureau secondaire à Paris, rassemble actuellement 3 personnes aux compétences complémentaires.
Pour la conception, deux architectes D.P.L.G, Stéphane Lange et Patrice Warnant sont associés à un designer d'espace, Anthony Boule. Patrice Warnant, architecte et urbaniste en est l’animateur et l’interlocuteur.




























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