Ferrières : quand la forêt, le geste et la flèche se rencontrent
- Restaurons Notre-Dame
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Certaines journées incarnent pleinement les valeurs portées par l'association Restaurons Notre-Dame : la forêt, le geste, la transmission et l’avenir. Celle organisée au Centre de Formation & CFA BTP des Compagnons de Paris Île-de-France, à Saint-Thibault-des-Vignes, en fait indéniablement partie.
Invitée par Île-de-France Nature, l’association Restaurons Notre-Dame était représentée par Pierre Sutter, Président de Restaurons Notre-Dame, Olivier Pagezy, Président de la Commission “Grands Travaux”, ainsi que Pascal Jacob, charpentier, fondateur et Président d’Honneur.Cette rencontre était consacrée à la présentation du kiosque qui sera implanté au cœur de la seconde Futaie Notre-Dame, en forêt régionale de Ferrières (Seine-et-Marne).

Youn Le Meil et Hugo Garel aspirant charpentier devant leur oeuvre compagnonnique
La Futaie Notre-Dame de Ferrières : un parcours pédagogique en forêt
Cette seconde Futaie Notre-Dame s’inscrit dans une démarche nationale : créer, au sein même des forêts ayant contribué à la reconstruction de la flèche de Cathédrale Notre-Dame de Paris, un parcours pédagogique immersif.
Il s’agit d’expliquer :
la forêt et sa gestion sylvicole
la sélection des chênes
le temps long du bois
la transformation du tronc en pièce de charpente
l’intelligence structurelle des charpentes d’exception
Au cœur du parcours : un kiosque en forme de flèche, qui abritera la souche du plus imposant chêne prélevé en 2021 pour la reconstruction.L’arbre devient architecture ; la matière devient mémoire.
Une œuvre compagnonnique d’exception
La charpente de ce kiosque, d’une grande complexité, est réalisée par deux aspirants compagnons :
Hugo Garrel
Youn Le Meil
Leur parcours de compagnonnage s’échelonne sur 6 à 7 années, alternant :
4 jours par semaine en entreprise
3 jours en formation
Hugo travaille aux établissements Rialland ;Youn au sein de l’entreprise Driollet.
Le kiosque constituera leur œuvre compagnonnique, celle qui viendra clore leur Tour de France et leur permettre d’accéder au titre de Compagnon.
Lors de cette journée, ils ont présenté :
la conception en 3D sous Cadwork
l’épure au sol
le piquage
les assemblages traditionnels
Nous avons assisté au montage à blanc d’une partie de la flèche, située au-dessus du tabouret, sous l’œil attentif de Benoît Champlain, Compagnon du Tour de France et formateur.
L’équipe n’était pas totalement au complet : Pascal Nogaro, Compagnon charpentier, n’a pu être présent. Il convient toutefois de souligner son rôle déterminant dans la mise au point technique et l’équilibre structurel du projet. Son travail en amont a contribué de manière décisive à la qualité de l’ensemble.
De la sélection du chêne à la transmission
La journée était animée par :
Loïc Eon, technicien gestion des espaces naturels et forestiers chez Île-de-France Nature
Christophe Maillet, Directeur général d’Île-de-France Nature
Laurent Houdard, Président des Compagnons du Tour de France Île-de-France
Loïc Eon a présenté les critères de sélection des chênes ayant servi à la reconstruction de la flèche de Notre-Dame et ceux destinés au kiosque : rectitude, densité, âge, qualité des fibres. Un chêne destiné à devenir flèche commence parfois son histoire deux siècles avant d’être taillé.
Focus : le Centre de formation des Compagnons – Saint-Thibault-des-Vignes
Situé à l’Est de la région Île-de-France, le Centre de Formation & CFA des Compagnons du Tour de France – Paris Île-de-France, à Saint-Thibault-des-Vignes (77), forme des femmes et des hommes de métier capables de mettre en œuvre des systèmes de construction. L’établissement accompagne les apprenants dans le secteur du bâtiment :
formations en alternance du CAP au Brevet Professionnel (BP)
formations diplômantes et qualifiantes
perfectionnement dans le cadre de la formation professionnelle continue
C’est un lieu où l’exigence technique rencontre la transmission du geste, où la tradition dialogue avec les outils numériques, et où l’on prépare concrètement les bâtisseurs de demain.
Les Futaies Notre-Dame : Un réseau national en expansion
La Futaie de Ferrières est la seconde du réseau. La première a été réalisée dans la Nièvre, en forêt des Bertranges, à Guérigny et Poiseux — à proximité du futur site de reconstruction des charpentes à Pougues-les-Eaux, sur le plateau du Mont Givre. Plusieurs autres Futaies Notre-Dame sont aujourd’hui en projet :
en Région Grand Est
en Normandie
en Pays de la Loire
La marraine des Futaies Notre-Dame est Anne-Laure Cattelot, Présidente du Conseil d’administration de l’ONF.
Focus : la forêt régionale de Ferrières (Seine-et-Marne – 77)
La Forêt régionale de Ferrières s’étend sur 3 157 hectares, à 24 km de Paris, sur le rebord nord-ouest du plateau de la Brie. Les communes aux environs sont Croissy-Beaubourg, Roissy-en-Brie, Pontcarré, Ferrières-en-Brie, Favières, Bussy-Saint-Georges, Collégien, Jossigny, Villeneuve-Saint-Denis. Ancienne propriété de communautés religieuses puis de la famille Rothschild jusqu’en 1973, elle forme, avec la forêt domaniale d’Armainvilliers attenante, le plus vaste espace boisé de l’est parisien.
Son nom rappelle les forges médiévales qui y existaient. Elle a conservé ses vastes allées, ses clairières, sa richesse floristique et ses ambiances variées. Elle abrite une faune remarquable : chevreuil, cerf Sika, sanglier, lapin, renard, ainsi qu’une grande diversité d’oiseaux et d’insectes. Traversée par un sentier de Grande Randonnée, elle offre des séquences bucoliques — des abords de la mare du Cormier à la cueillette du muguet ou au ramassage des châtaignes.
Ouverte au public de manière permanente, elle constitue un écrin naturel d’exception pour accueillir cette seconde Futaie Notre-Dame.
Cette journée n’était pas seulement une présentation technique. Elle fut la démonstration que la forêt parle encore, que le bois transmet, et que la jeunesse s’engage avec exigence. Lorsque la flèche-kiosque s’élèvera cet été au cœur de Ferrières, elle ne sera pas seulement une œuvre de charpente.
Elle sera un geste de transmission.Un lien vivant entre la forêt et le savoir-faire.Et une promesse durable pour les générations à venir.







































































