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La Flèche et La Forêt Notre-Dame au cœur du massif forestier des Bertranges : une charpente d’exception dans une forêt exceptionnelle

Là où tout commence : la verticalité des arbres

Forêt-Cathédrale de Guérigny où furent prélevés les huit "colosses" pour la flèche de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, situés à quelques kilomètres du Mont Givre

© Photo Restaurons Notre-Dame


À quelques kilomètres de Pougues-les-Eaux, le paysage se redresse. Les lignes montent, la lumière se dilue entre les troncs, le silence s’épaissit. On entre dans le Massif des Bertranges. Le département de la Nièvre est aujourd’hui le premier producteur de chêne en France. Ce rang repose sur une gestion forestière exigeante, patiente, structurée sur plusieurs générations.


Le massif des Bertranges regroupe plusieurs ensembles forestiers complémentaires : la forêt domaniale des Bertranges en constitue le cœur ; autour d’elle s’organisent la forêt domaniale de Guérigny — ancienne réserve royale —, la forêt d’Urzy au sud, la forêt de Bélary à l’est et les bois de Prémery au nord. Ensemble, ces forêts composent l’un des plus grands massifs feuillus d’Europe de près de 12000 hectares, structuré autour du chêne.


Dans ces futaies, certains arbres dépassent quarante mètres. Droits, élancés, presque gothiques avant même d’avoir été équarris. Lors de la reconstruction de la flèche de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, 59 chênes ont été prélevés dans la forêt domaniale des Bertranges et 8 (colosses) dans celle de Guérigny.


Avant d’être une prouesse d’ingénierie, une charpente est d’abord une décision forestière.


Futaie régulière : l’intelligence du cycle

Une grande forêt ne se protège pas en la laissant intacte. Elle se protège en la cultivant. Les chênaies des Bertranges sont conduites en futaie régulière, selon des cycles longs pouvant atteindre deux siècles. Les peuplements sont structurés par classes d’âge homogènes. Dès les premières décennies, des éclaircies successives permettent de sélectionner les sujets les plus prometteurs, d’améliorer leur rectitude et de concentrer la croissance sur les fûts d’avenir. Chaque intervention vise un triple objectif : qualité du bois, équilibre écologique et renouvellement du massif.


Lorsqu’un chêne arrive à maturité — parfois à 180 ou 200 ans — sa récolte n’est pas une rupture. C’est l’aboutissement d’un cycle engagé plusieurs générations auparavant. Sous la canopée, la relève est déjà en croissance. Couper un arbre mûr n’appauvrit pas la forêt.Cela permet au cycle de se poursuivre et garantit la pérennité du massif.


C’est dans cette logique de cycle et de transmission que fut créée, en 2022, la première Futaie Notre-Dame au cœur des Bertranges — acte fondateur d’une vision tournée vers les siècles à venir.


Une filière chêne française au cœur du projet de reconstruction à l'échelle 1 des charpentes et flèche de Notre-Dame dans la Nièvre

Autour de cette ressource s’est structurée une filière solide. Dans la Nièvre, elle représente près de 1 400 emplois directs. Forestiers, gestionnaires, exploitants, scieries spécialisées, transporteurs, entreprises de transformation, charpentiers, industriels du bois : un écosystème économique enraciné.


Mais l’impact dépasse largement le territoire nivernais. C’est l’ensemble de la filière chêne française qui bénéficie de la mise en lumière d’un projet comme La Flèche et la Forêt Notre-Dame. Le chêne français irrigue une chaîne de valeur nationale : restauration patrimoniale, construction bois, innovation constructive, exportation.


La reconstruction de Notre-Dame a démontré que la France dispose encore d’un patrimoine forestier et d’un savoir-faire capables de répondre aux exigences techniques les plus élevées. Ce projet prolonge cette dynamique en valorisant une ressource stratégique, renouvelable et durablement gérée.


Le Mont Givre : un horizon stratégique

Situé à seulement huit kilomètres du centre-ville de Nevers, Ville d’art et d’histoire et préfecture de la Nièvre, le Mont Givre domine la ville de Pougues-les-Eaux, station thermale historique. Depuis ce promontoire, le regard porte sur près de 70 kilomètres. En contrebas, la Loire serpente à environ 150 mètres plus bas, créant un dénivelé spectaculaire entre le fleuve et le plateau. Cette topographie exceptionnelle permet d’embrasser l’entièreté du massif des Bertranges et ses chênaies structurées par des siècles de gestion.


Il s’agit également de l’un des rares endroits au monde où l’on pourra apercevoir simultanément deux cathédrales dans un même champ visuel : la Cathédrale Saint-Étienne de Bourges et la Cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers.

Deux architectures majeures à l’horizon. Une forêt d’exception en premier plan. Et au centre, un projet qui relie la matière, le geste et le territoire.


Le Mont Givre domine le fleuve Loire, La Ville de Nevers et celle de Pougues-Les-Eaux

Il accueillera en 2029 la Flèche et La Forêt Notre-Dame à son sommet

© Photo Restaurons Notre-Dame


Une vision à l’échelle des siècles

Construire une charpente à l’identique, c’est honorer un savoir-faire. L’implanter au cœur du premier département producteur de chêne en France, c’est affirmer une cohérence territoriale, économique et environnementale.


La flèche racontera l’histoire des arbres. Elle rappellera que derrière chaque poutre se tiennent des forestiers, des scieurs, des artisans et des ingénieurs — dans la Nièvre et dans toute la filière chêne française. La forêt ne se protège pas en la figeant. Elle se transmet en la gérant. Et c’est précisément là que se situe l’enjeu : faire de ce projet non seulement un hommage patrimonial, mais un levier structurant pour la filière bois française, pour l’attractivité territoriale et pour la transmission des savoir-faire.


Aux décideurs publics, aux partenaires économiques, aux mécènes : soutenir ce projet, c’est investir dans une ressource stratégique nationale, dans une économie enracinée et dans une vision de long terme à l’échelle des siècles.

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