La Flèche & la Forêt Notre-Dame : le chantier invisible a commencé
- Restaurons Notre-Dame

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Rendre visible l’invisible
Depuis plusieurs mois, nous partageons une vision : celle d’un lieu singulier, implanté au Mont-Givre à Pougues-les-Eaux, au cœur d’un territoire forestier d’exception : le massif des Bertranges. La Flèche & la Forêt Notre-Dame n’est pas qu'une reproduction à l'identique et à l'échelle 1 des charpentes et de la flèche de la cathédrale éponyme, mais également un centre d’interprétation vivant des savoir-faire, de la charpente, de la forêt, des métiers au sens large et de la transmission.
Aujourd’hui, une étape décisive est franchie. Le chantier invisible a commencé. Aucune grue ne découpe encore l’horizon. Aucun marteau ne résonne dans le bois. Pourtant, le projet avance avec méthode et détermination.

Réunion de travail en phase d’étude du projet "La Flèche et La Forêt Notre-Dame".
Illustration d’ambiance
Une gouvernance structurée autour du maître d’ouvrage
Le projet est porté et géré par son maître d’ouvrage : l’association Restaurons Notre-Dame, officiellement reconnue d’intérêt général à caractère culturel par l'administration fiscale. C’est elle qui assure la responsabilité juridique, administrative et opérationnelle de l’ensemble de l'opération jusqu'à la mise en service du site en juin 2029 (1ère partie : La flèche et le centre d'interprêtation).
En novembre dernier, la mise en place d’un Comité de Pilotage (COPIL) a marqué une étape importante. Ce comité coordonne les dimensions stratégiques et opérationnelles : suivi des études, articulation avec les partenaires institutionnels, pilotage financier, organisation scientifique. Le projet s’inscrit désormais dans une architecture de gouvernance claire et formalisée.
Une vision devient trajectoire lorsqu’elle s’organise.

Un Conseil Scientifique & Culturel de 30 personnalités
Dans le même mouvement, le Conseil Scientifique & Culturel a été finalisé.
Il est composé de 30 personnalités issues d’horizons complémentaires dont une grande partie a participé directement ou indirectement à la reconstruction de Notre-Dame de Paris et de ses charpentes :
architectes,
historiens et historiens de l’art,
experts de la forêt et de la filière bois,
ingénieurs et spécialistes des structures,
représentants des métiers d’art et du compagnonnage,
universitaires et chercheurs,
professionnels de la transmission et de la médiation culturelle,
experts du numérique, des dispositifs immersifs et de l'IA.
Sa mission est d’apporter une exigence scientifique, patrimoniale et culturelle au projet, d’encadrer les contenus du futur centre d’interprétation et de veiller à la cohérence intellectuelle de l’ensemble. Une première réunion plénière est en préparation (elle aura lieu à Paris), suivie de travaux organisés par collèges thématiques. Un article spécifique sera prochainement consacré à la présentation détaillée de ce Conseil Scientifique et Culturel et à son rôle structurant.
Avant de construire en bois, nous construisons en intelligence collective.
Un dialogue institutionnel approfondi
Le chantier invisible se déroule aussi dans les échanges institutionnels. Des réunions techniques ont été menées avec les services de la Préfecture de la Nièvre, avec le Conseil départemental de la Nièvre ainsi qu’avec Nevers Agglomération et ses services techniques. Ces échanges permettent de sécuriser les cadres réglementaires, d’anticiper les exigences urbanistiques et environnementales et d’inscrire le projet dans un dialogue transparent avec les collectivités.
Un projet de cette ampleur ne s’improvise pas ; il se prépare avec précision.
Une adaptation architecturale exigeante au Mont-Givre
Sur le plan architectural, les équipes travaillent activement à l’adaptation du projet au site du Mont-Givre. Un relevé topographique par drones a permis d’affiner l’implantation et de mieux appréhender les contraintes naturelles du terrain. Les esquisses évoluent pour dialoguer avec le relief. Le travail d’intégration urbanistique est conduit par les équipes du cabinet d'architecture ABW Warnant, sous la direction de Patrice Warnant, architecte et urbaniste du projet.
L’objectif est clair : inscrire la Flèche & la Forêt Notre-Dame dans son environnement naturel et territorial avec justesse, sobriété et cohérence.

Situé à l'extrême sud de la forêt domaniale des Bertranges,
le Mont Givre domine le fleuve Loire, La Ville de Nevers et celle de Pougues-Les-Eaux.
Il accueillera en 2029 La Flèche et La Forêt Notre-Dame à son sommet.
La pointe de la flèche culminera à 200m au-dessus de la Ville de Nevers et de la Loire.
© Photo Restaurons Notre-Dame
Un projet de territoire qui se partage
Le chantier invisible est aussi un chantier humain. Le projet a été présenté à la Fédération Française du Bâtiment Nièvre, au MEDEF Nièvre, à la Chambre de Commerce et de l'Industrie de la Nièvre ainsi qu’à l’association Cobaty Nièvre. Les échanges ont été constructifs, exigeants et stimulants.
Les rencontres se poursuivront auprès des associations locales, les habitants de Pougues-Les-Eaux puis, au cours des prochains mois, dans les régions : Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Centre-Val de Loire. Le Mont-Givre se situe presque au point de convergence de ces trois territoires, ce qui confère naturellement au projet une dimension interrégionale.
Un grand projet ne s’impose pas. Il s’explique, se partage et s’enracine.

Présentation le 4 décembre 2025 du projet "La Flèche et La Forêt Notre-Dame" par Pascal Jacob, Didier Verlynde et Patrice Warnant (architecte-urbaniste) à la Chambre de Commerce et de l'Industrie de la Nièvre à l'invitation de Jean-Philippe Richard, Président de la CCi Nièvre et de Pascal Arbault, Président du Médef Nièvre
Une stratégie de financement structurée en deux phases
La question du financement est légitime. La Flèche & la Forêt Notre-Dame est un projet d’intérêt général financé sur fonds propres et par des fonds privés. La première phase, actuellement en cours, concerne les études : finalisation juridique, stabilisation des esquisses architecturales, chiffrages détaillés, études techniques et réglementaires. Cette étape structurante est rendue possible grâce à l’engagement de mécènes fondateurs qui seront d'ailleurs prochainement rendus publics. Une dizaine d’entreprises participent ou participeront à cette phase, permettant de consolider les fondations juridiques, intellectuelles et économiques du projet.
À partir du mois de juin prochain, une seconde phase s’ouvrira avec le lancement d’une campagne de mécénat destinée à financer la réalisation opérationnelle. Elle s’adressera aux entreprises et fondations souhaitant accompagner le projet dans sa dimension patrimoniale et territoriale, mais également aux citoyens.
Une collecte dédiée permettra à chacune et chacun de devenir mécène du projet.
Dans ce cadre, la recherche et la structuration du mécénat ont été confiées au cabinet Phoebus Consulting implanté à Paris. Spécialisé dans l’accompagnement des family offices, des multi-family offices, des banques privées et des entreprises dans leurs actions philanthropiques et leurs investissements dans la culture, les arts et le patrimoine, le cabinet intervient sur des opérations à forte exigence stratégique et patrimoniale. Phoebus Consulting est dirigé par Charles-Henri Diriart, qui possède une longue expérience dans ce domaine. Il fut successivement Directeur général de la Fondation du Domaine de Chantilly, puis Directeur Marketing & Communication de Culturespaces SA (Groupe Engie), acteur majeur de la gestion et de la mise en valeur de musées et monuments, parmi lesquels le Musée Jacquemart-André à Paris.
La réussite d’un projet de territoire repose sur une alliance : des partenaires structurants et une mobilisation populaire. Les deux sont indispensables. Les deux donnent sens.
Une bascule silencieuse
Rendre visible l’invisible, ce n’est pas seulement révéler un futur bâtiment emblématique. C’est rendre perceptible le travail patient qui précède toute réalisation durable : la gouvernance, l’exigence scientifique, le dialogue institutionnel, l’intégration architecturale, la construction financière.
Le chantier invisible a commencé.
Et c’est souvent dans cette phase silencieuse que se décide l’avenir.




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